Publié par : pintejp | mars 30, 2016

La souveraineté a-t-elle encore un sens dans un monde globalisé ?

Le 13 mai 2014 se sont tenues à Paris, sous le patronage des députées Laure de la Raudière et Corinne Erhel, les Assises de la souveraineté numérique, où furent abordées ces questions. La philosophe Blandine Kriegel vint nous y rappeler les doctrines de la souveraineté, depuis Jean Bodin (1576) et Thomas Hobbes (1651) jusqu’à Emmanuel Kant (1795), pour attirer notre attention sur l’existence de deux conceptions assez différentes de cette notion. Les vues de Bodin et de Hobbes correspondent aux politiques des puissances continentales de leurs temps, que le souci de concentrer leurs forces pour assurer leurs décisions face à des pouvoirs impériaux despotiques a conduit à établir des États souverains administratifs imprégnés d’absolutisme. La France est un bon exemple : le souverain, fût-il le peuple d’après 1789 représenté par des députés élus au suffrage universel, y est absolu et ne saurait tolérer l’autonomie de corps intermédiaires, comme en témoignent la loi Le Chapelier d’interdiction des associations (promulguée contre les corporations, elle fut utilisée plus tard contre les syndicats ouvriers) et le faible développement de ce que l’on appelle la société civile, c’est-à-dire d’organes représentatifs de groupes de citoyens, non élus par l’ensemble des électeurs mais néanmoins légitimes de par leur contribution à l’intérêt public.

http://www.laurentbloch.org/MySpip3/spip.php?article332


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