Publié par : pintejp | décembre 6, 2015

Introduire l’informatique dans la culture

I. Langues de culture et langues de service

Le penseur, philologue et directeur d’études à l’EHESS Heinz Wismann, dans un entretien publié récemment [1] à l’occasion de la sortie d’un livre écrit avec Pierre Judet de La Combe [2], introduit une distinction entre ce qu’il nomme « langues de culture » et « langues de service ».

Les langues de culture ne diffèrent pas des langues de service comme le français diffère du polonais : le français du bulletin météorologique ou du touriste américain face à un portier d’hôtel est langue de service, alors que le français du livre de Heinz Wismann et Pierre Judet de La Combe est langue de culture. La distinction entre ces deux niveaux de langue est une différence d’usage de la langue.

Le propre d’une langue de service, nous dit Heinz Wismann, est de faire référence à un univers parfaitement délimité, aux réalités duquel tous les interlocuteurs doivent pouvoir faire référence sans aucun risque d’ambiguïté. Et l’on en conçoit l’utilité, qu’il ne s’agit pas de nier : le dialogue entre l’équipage indien d’un avion qui se prépare à atterrir à Ankara et le personnel turc de la tour de contrôle se déroule dans un anglais de service dont il est hautement souhaitable qu’il ne donne lieu à aucune créativité sémantique ou narrative. En d’autres termes, les énoncés de la langue de service doivent dénoter des réalités au sujet desquelles tout le monde est d’accord, et s’interdire toute connotation, source d’une polysémie que l’on cherche au contraire à éviter.
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http://www.laurentbloch.org/MySpip3/spip.php?article63


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