Publié par : pintejp | janvier 21, 2015

La puissance de la France et de ses entreprises face aux menaces numériques.

Fondation Prometheus
La puissance de la France et de ses entreprises face… aux menaces numériques.

Par Yves Roucaute, Professeur agrégé de philosophie et de sciences politiques, docteur d’État en sciences politiques et docteur en philosophie, Directeur du Master de Management du Risque à Paris-X Nanterre.

La France a-t-elle pris la mesure des défis de la mondialisation, liés à la révolution du numérique? Cela n’est pas certain. Il semble que structurellement, financièrement et humainement, le pays ne se soit pas doté d’une stratégie en mesure de protéger son territoire, ses entreprises, ses recherches et ses intérêts vitaux et, encore moins, de propulser sa puissance. Deuxième surface économique exclusive du monde avec 12 millions de Km2, troisième puissance militaire, cinquième puissance économique … la réaction politique est-elle donc à la hauteur des enjeux ?

Les cris d’orfraie poussés lors de la « découverte » des systèmes d’écoutes et de surveillances nord-américains comme le système « Prism » ou « Upstream » lors de l’affaire Snowden, et l’exigence de respect du droit, en particulier du droit communautaire, laissent un peu perplexe. Faut-il reprocher aux Etats-Unis de mettre en place une politique de puissance ou regretter que la France ne prenne pas les mesures nécessaires pour assurer la sienne ?

On pourrait d’ailleurs s’amuser de l’incongruité de cette réaction tardive face à un système qui découle du Traité Ukusa, auquel ont souscrit les Etats-Unis, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Royaume Uni et les Pays Bas depuis… 1946. Et, plus encore de cette référence à la nécessité d’une réaction européenne qui fut proclamée par les autorités françaises. Cinq pays européens sont en effet « associés » au Traité. Va-t-on, avec eux, créer un système européen véritablement indépendant de protection de données par un cryptage quantique (consortium SECOQ) ?

On pourrait plus encore s’amuser de voir que le rôle de la National Security Agency (NSA) est soudain mis en accusation pour son piratage économique connu depuis 1957 (cette agence a été créée dans le secret en 1952). L’institutionnalisation des écoutes économiques et politiques des puissances étrangères via, en particulier, le système dit « Echelon », a été autorisée aux yeux de tous par Jimmy Carter et son Foreign Intelligence Surveillance Act de 1978, avant d’être développée, par Clinton, en 1994, avec le souci affiché de protéger les intérêts économiques de Washington.

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