Nous avions largement dénoncé1 dans ces colonnes la montée en puissance de la surveillance de masse dans de nombreux pays dévoilée par l’affaire Snowden. En votant en urgence après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher de Vincennes la loi sur le renseignement, la France a rejoint la Grande-Bretagne et l’Espagne qui avaient déjà mis en place un dispositif législatif permettant la surveillance des communications tant téléphoniques que par Internet. L’assassinat de 130 personnes dans la nuit du 13 au 14 novembre a provoqué à juste titre horreur et révolte chez les Français et plus largement dans le monde entier. Contre une telle attaque, nous avons le devoir de nous défendre, mais dans les limites de la démocratie et de la justice. En dehors de la peur qu’ils veulent inspirer, les assassins escomptent la division de la société, la recherche de bouc émissaire et la stigmatisation de certaines communautés. L’établissement de l’état d’urgence, prolongé de trois mois, n’est guère rassurant en ce sens. La société française risque de s’enfoncer dans une spirale sans fin de lois d’exception comme le montre les premiers amendements au texte présenté pour prolonger cet état d’urgence. Il semble évident aujourd’hui que la réforme constitutionnelle annoncée instituera de nouvelles restriction des libertés.
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