Mais ceux qui ont piraté Sony Pictures (sans doute les services secrets nord-coréens ou des pirates à leur service) l’ont fait pour porter atteinte à la liberté d’expression, en l’occurrence en s’attaquant à la culture populaire américaine et à ses droits constitutionnels.
Matt Devost, président et PDG de FusionX LLC, l’une des plus importantes sociétés de sécurité informatique de la banlieue de Washington, m’a dit dans un e-mail mercredi matin:
«C’est le début d’une nouvelle ère. Désormais, outre le vol d’argent et les atteintes à la propriété intellectuelle, il va falloir se méfier des attaques destinées à être le plus dévastatrices possible… et à influencer notre comportement.»
Bob Gourley, co-fondateur et associé de Cognitio, une société similaire, est d’accord.
«Je suis dans le domaine de la sécurité informatique depuis décembre 1998 et je n’avais jamais rien vu de tel. Ça trouve sans doute son origine dans les premières humiliations du Web, faites à des fins de propagande (généralement le fait d’activistes pacifistes ou pour la défense des animaux). Mais c’était de la pacotille, surtout destinée à se faire de la publicité. Là, une ligne a clairement été franchie.»
Le pire est que l’attaque a eu les résultats escomptés.
Sony Pictures a annulé la sortie prévue du film en raison de menaces terroristes contre les salles qui le passeraient (même si aucun lien véritable n’a pu, pour l’instant, être établi entre les menaces d’attentats et les pirates). Si une comédie de Seth Rogen constitue une cause assez incongrue à défendre, on peut en revanche s’émouvoir de voir Sony se soumettre ainsi à des pressions politiques –surtout si ces pressions émanent de l’étranger et en particulier de Kim Jong-un.
Laisser un commentaire