L’Allemagne vient d’annoncer qu’en 2010, la cybercriminalité lui a coûté quelque 61,5 millions d’euros. Si de tels chiffres sont souvent brandis pour légitimer la lutte contre les pirates, ils laissent les experts perplexes.
Les chiffres donnent le vertige. En Allemagne, le préjudice financier causé par la cybercriminalité s’est élevé à 61,5 millions d’euros en 2010, d’après les chiffres publiés ce jeudi par la police criminelle et la fédération des hautes technologies Bitkom. Ce qui équivaut à une augmentation de 66% par rapport à l’année précédente. Quant aux Etats-Unis, le FBI a évalué le coût de la criminalité numérique à quelques 560 millions de dollars en 2009. A l’échelle du monde entier, d’après McAfee, la cybercriminalité aurait généré quelques 1000 milliards de dollars en 2008, soit environ 1,64% du PIB mondial pour cette même année. Reste que, sans minimiser l’ampleur du fléau, ces chiffres laissent perplexe.
Beaucoup d’experts accordent peu de crédit à ces études car la plupart d’entre elles émanent des spécialistes en sécurité informatique. Pour mémoire, McAfee n’est autre que le numéro deux mondial des logiciels antivirus. De plus, «moins de 10% des entreprises déclarent avoir subi des cyberattaques», souligne Jean-Paul Pinte, maître de conférences en veille stratégique à l’Université catholique de Lille. D’après ce spécialiste en management des risques cybercriminels et terroristes des entreprises, les sociétés touchées craignent la mauvaise publicité liée à la médiatisation des cyberattaques.
Laisser un commentaire