«Police, gendarmerie, services de renseignements sont de plus en plus mobilisés. Sur la scène internationale, la guerre froide a cédé place à la guerre économique, et les James Bond se sont adaptés.
Un agent de renseignements efficace doit désormais parler chinois plutôt que russe, et qu’importe s’il est une fine gâchette tant qu’il sait décrypter un bilan annuel d’entreprise.
Un smartphone caché sous une table suffit pour écouter des discussions, et une cravate peut faire tomber des secrets : une société française qui accueillait une délégation chinoise pour une visite d’usine a ainsi surpris l’un des visiteurs effectuant des prélèvements de sa production en trempant l’accessoire dans une cuve ! Face à ces délinquants en col blanc venus de l’étranger, les entreprises françaises peuvent mobiliser la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Celle-ci, bien que n’ayant pas été saisie officiellement, suit de près l’affaire Renault.
La DCRI dispose d’un service dédié à l’intelligence économique, via la protection du patrimoine économique et la veille, qui se veut proche des entreprises grâce à des antennes en région (DRRI). Les services de renseignements constituent un maillon fort de la chaine de protection des informations stratégiques en France.
La police et la gendarmerie épaulent les entreprises pour lancer les procédures en cas de vol de données, mais aussi pour sensibiliser gratuitement les salariés aux bonnes pratiques pour protéger les secrets d’affaires.
De nombreuses entreprises privées proposent également leurs services pour mettre en place des procédures destinées à la protection des personnes et des secrets de fabrique.
Au niveau du gouvernement, la division interministérielle à l’intelligence économique définit la politique publique de la France en matière de protection de l’économie, de lobbying et de veille.
Et pour lutter spécifiquement contre le vol d’informations via les systèmes informatiques, la France s’est dotée d’une Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), qui veille à la sécurité informatique des sites de l’Etat mais aussi de ceux des entreprises depuis juillet 2009.»
[…]
«Mais plus encore qu’à leur premier partenaire européen, ce serait à elles-mêmes que les entreprises françaises nuiraient le plus : selon une note des Renseignements généraux publiée en 2007, les secrets de fabrique français sont principalement pillés par des compatriotes, davantage que par les concurrents malintentionnés issus d’autres pays européens, puis les Américains, et dans une moindre mesure les Chinois. »…
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