»Le tissu des petites entreprises se fait voler perpetuellement »•
«C’est le constat sans détour de Benoit de Saint-Sernin, directeur général de l’Ecole européenne d’intelligence économique. Pour lui, la révélation de divulgation d’informations confidentielles chez Renault est l’arbre qui cache la forêt.
Il livre à l’Usine Nouvelle quelques repères sur une menace qui pèse sur toutes les entreprises. articles liés L’intelligence économique, royaume du bouche-à-oreille L’affaire Renault est-elle la face émergée de l’iceberg ? Autrement dit, on parle de Renault aujourd’hui, mais y a-t-il des cas plus fréquents d’espionnage industriel passés sous silence? Oui.
C’est une affaire parmi d’autres. Des phénomènes d’espionnage industriel ont lieu tous les jours, mais sont gardés secrets dans l’entreprise. La raison est simple : c’est humiliant pour une société d’avouer qu’elle s’est fait voler.
Humainement, c’est horrible de faire savoir qu’un cadre a franchi la ligne jaune, et s’est comporté en traitre pour l’entreprise. Dans quelle proportion ces affaires d’espionnage touchent-elles les entreprises françaises? Chaque entreprise va être victime d’espionnage, d’une façon ou d’une autre.»
[…]
«L’espionnage industriel est-il d’ailleurs un sujet tabou ? Oui, on entend encore trop que l’information n’a pas de valeur. Or c’est l’actif le plus précieux de l’entreprise ! L’espionnage, ça arrive. Même si cela peut paraître jamesbondesque : voici quelques jours, personne n’aurait cru que Renault serait trahi par ses propres cadres. D’autant que l’effet psychologique est dévastateur au sein même de l’entreprise : un climat de suspicion généralisée s’installe, les procédures pour cloisonner l’information se multiplient… Le climat de travail s’annonce particulièrement lourd dans les prochains mois chez Renault
Peut-on vraiment se défendre ? Le juridique est-il la seule arme légale ?
Le juridique peut être très utile. Néanmoins, la seule véritable arme, c’est le sentiment d’appartenance à une entreprise. Les salariés d’une entreprise ayant ce sentiment vont être réceptifs et ne vont pas commettre d’erreur.
Pour les agents d’intelligence économique que nous sommes, un individu licencié par son entreprise de manière pas très correcte constitue de l’or en barre. Il suffit de décrocher son téléphone et de l’inviter à déjeuner au Plaza Athénée, en expliquant honnêtement que l’on cherche des informations sur son ancienne société. S’il nourrit un désir de vengeance ou souhaite tout simplement saisir toute opportunité au vol parce qu’il est au chômage, il viendra au rendez-vous.
Que pensez-vous du projet de l’amendement Carayon, qui vise à protéger les informations sensibles des entreprises ?
»…
Laisser un commentaire