«L’Etat renforce sa politique d’intelligence économique. Alors que le gouvernement prépare une loi pour durcir les sanctions contre les fraudes, il va ouvrir le capital de la société publique Adit pour en faire le leader européen.
Vérification du parcours personnel d’un candidat à la direction d’une entreprise. Mission pour analyser les conséquences d’un divorce sur l’avenir d’une société familiale. Informations sensibles sur une acquisition.
Etude pour savoir qui décide dans un appel d’offres international. Enquête pour éviter d’acheter en Inde un terrain classé dangereux pour des raisons environnementales. Ces missions très variées ont été menées par des sociétés spécialisées dans l’intelligence économique.
Les entreprises françaises ont en effet découvert depuis quelques années l’intérêt de mieux se protéger et de mieux défendre leurs intérêts. Le travail d’évangélisation mené par Henri Martre, l’ancien président du groupe public Aerospatiale, qui a rejoint EADS, le préfet Remy Pautrat, le député UMP du Tarn Bernard Carayon ou encore Alain Juillet, ex-haut responsable chargé de l’intelligence économique auprès du premier ministre et président de l’Académie de l’intelligence économique, ont fait prendre conscience aux milieux d’affaires qu’ils devaient veiller sur leurs intérêts.»
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«Mais il reste encore beaucoup à faire. «Le marché est morcelé», observe Philippe Caduc, PDG d’Adit. « Les Français ont un vrai déficit de représentation à l’étranger, en Asie et en Inde. Ils sous-traitent trop à des Anglo-Saxons dans des pays comme l’Inde. L’expertise dans le domaine financier est anglo-saxonne», constate Christian Harbulot, directeur fondateur de l’École de guerre économique. Les Français ne sont pas encore capables de rivaliser avec les Anglo-Saxons emmenés par Kroll et Control Risks, solidement implantés à l’international. La donne pourrait toutefois changer. «L’État va ouvrir le capital d’Adit à hauteur de 66% pour créer le leader européen du secteur capable de rivaliser avec les Anglo-Saxons», explique Philippe Caduc. La société de services informatiques Altran, l’assureur-crédit Coface, le fonds HLD de Jean-Bernard Lafonta et le fonds Butler Capital sont sur les rangs. Ils ont déposé leurs offres le 19 novembre. Les pouvoirs publics devraient prendre !
une décision d’ici à Noël. Une fois choisis, les deux nouveaux actionnaires implanteront Adit en Allemagne, en Suède, en Angleterre, en Italie et renforceront sa présence au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine. Preuve que l’intelligence économique dépasse les frontières françaises.
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