Publié par : pintejp | février 22, 2010

Google, la Chine, le lièvre et la tortue

«L’annonce par Google de la fermeture de son moteur en langue chinoise ne sera pas passée inaperçue. Se retirer d’un marché qui tire la croissance mondiale, afficher une stratégie à contre-courant, c’est un coup d’éclat bien mis en scène.
Les raisons avancées – interceptions de courriels, atteintes à la vie privée d’internautes et à l’intégrité des systèmes informatiques -sont sérieuses. On peut se demander si ces menaces sont nouvelles ou si elles se sont aggravées.
Opération de communication des stratèges de Mountain View, dont le slogan est « Ne soyez pas malveillants » ? Ce qui est certain, c’est que cette annonce n’est pas sans lien avec l’échec relatif de Google sur le marché chinois, où son concurrent local, Baidu, a un taux de pénétration qui est de 3 à 4 fois plus élevé. Alors simple échec commercial ? La start-up californienne qui, à force d’audaces, d’investissements, de génie marketing, est devenue la référence dans son domaine, au point de passer dans le langage commun, aurait buté, comme d’autres avant elle, sur les particularités du marché chinois ? Google aurait perdu son flair ? En réalité, une autre leçon apparait : les informaticiens de Baidu ont mis au point un moteur de recherche performant.
Leurs algorithmes sont probablement mieux adaptés à la langue chinoise et leur puissance de modélisation mathématique s’est révélée au moins aussi efficace que celle de Google.»

[…]

«La concurrence chinoise atteint d’autres rives sur lesquelles nous pensions disposer d’une avance imprenable : automobile (rachat de Volvo, investissements lourds dans le véhicule électrique), train à grande vitesse (ligne mise en service en décembre dernier dans le Sud, sur laquelle la vitesse moyenne des rames dépasse les 300 km/h), etc. Si cet effort et ces progrès ont été nourris par des transferts de technologie imposés, si un nombre croissant d’entreprises internationales décident librement d’établir des centres de R&D en Chine, ne perdons pas de vue l’essentiel. Le rattrapage technologique chinois est d’abord le résultat d’une politique délibérée, articulée autour de nombreux programmes publics et d’une stratégie offensive de conquête des marchés. Le débat sur la qualité de la recherche chinoise semble celui sur le sexe des anges. On en débat sans parvenir à le régler. L’effet de masse est tel que les résultats sont là et le taux de coopération internationale des pro!
jets de recherche s’élève. La question n’est plus celle du sens du mouvement – la tortue nous rattrape -mais de son rythme. A nous de savoir prendre en compte cette dynamique pour ne pas nous laisser dépasser et tirer parti des perspectives offertes par ce nouvel acteur technologique.
»…

http://www.lesechos.fr/info/analyses/020350138686-google-la-chine-le-lievre-et-la-tortue.htm


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