
Un peu partout, d’autres officiers prennent en ce moment leurs marques. En cause : la loi sur la gendarmerie du 3 août qui spécifie officiellement, pour la première fois, que la gendarmerie « contribue à la mission de renseignement et d’information des autorités publiques ». …/…
Depuis, les tensions n’ont cessé de croître. Déjà en juin, les préfets s’étaient émus de cette situation dans une note de synthèse envoyée au gouvernement. « Certains préfets, écrivent-ils en citant les départements de la Drôme, du Lot, du Pas-de-Calais, des Hautes-Pyrénées, et de la Haute-Saône, constatent que depuis la création des SDIG, la gendarmerie départementale développe des cellules de renseignement, parfois même en zone police (Pas-de-Calais), troublant ainsi les relations et la cohérence d’action des deux services. » Vingt-deux préfets, précise le document, « estiment souhaitable de clarifier les attributions d’un SDIG dont la compétence départementale (…) est souvent contestée par la gendarmerie. Il s’agit avant tout d’éviter les doublons ou, au contraire, le non-traitement de données importantes, voire de perdre des informateurs désorientés »…
GENDARMES EN CIVIL
Sur le terrain, les incidents se multiplient. Et plus personne ne sait très bien qui fait quoi. C’est ainsi que le SNUIpp-FSU de l’Hérault, principal syndicat de l’école primaire, a fini par écrire en février au directeur des services départementaux de l’éducation nationale pour dire son étonnement, dates à l’appui, concernant des visites répétées de gendarmes désireux de savoir « si tout se passait bien ». « Cela faisait suite à l’observation de très nombreux parents qui, au moment de l’occupation de certaines écoles, l’ont pris comme une manoeuvre d’intimidation, témoigne Patrick Toledano, secrétaire régional du SNUIpp-FSU. Avec les RG, c’est plus soft, ils téléphonent. »
Ulcérés, certains policiers jurent même avoir aperçu des gendarmes habillés en civil lors de manifestations, notamment dans le Nord. Cette possibilité existe, répond-t-on à la direction de la gendarmerie, mais « à titre exceptionnel, lors de manifestations violentes ». Or, depuis leur réunion sous une même tutelle, policiers et gendarmes sont contraints de s’entendre pour se coordonner et envoyer un même chiffrage des manifestations locales. Les territoires se confondent mais la guerre des nerfs, elle, se poursuit.
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